Le parcours atypique d’un concepteur de trophées

Par Jean-Philippe Caron | 2017-07-03

Il y a une dizaine de jours, j’assistais à la cérémonie protocolaire de remise des Grands Prix de la Relève d’Affaires du Regroupement des Jeunes Chambres de Commerce du Québec (RJCCQ) pour lesquels j’ai créé les trophées. L’événement, présenté à guichets fermés devant plus de 500 décideurs d’affaires, fut un immense succès. Karima Brikh, l’animatrice de la soirée, me demandait comment je suis devenu concepteur de trophées et comment j’en suis venu à fonder une entreprise qui s’y consacre exclusivement. Après quelques explications, elle a qualifié mon parcours entrepreneurial « d’original, pour ne pas dire unique ».

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Cette photo des lauréats et des finalistes du gala du RJCCQ représente bien notre mission chez Protocole – trophées d’exception : être « Générateur de fierté ».
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Il est vrai que ça n’existe pas un diplôme en conception de trophées! Je n’ai d’ailleurs jamais rencontré une personne qui exerce le même métier que moi. Des vendeurs des trophées fabriqués en Chine, il y en a des tonnes, mais un créateur de trophées conçus et fabriqués ici qui y consacre sa carrière, il semble que c’est très rare.

Pendant près de vingt ans, j’ai porté le titre de commissaire en œuvres d’art. Fréquenter quotidiennement des dizaines d’artistes peintres et des sculpteurs de renom a eu un impact indéniable dans le développement de ma carrière de créateur. Je dois cependant vous confier que ce fut pour moi un long processus avant que je ne m’autorise à porter le titre « d’artiste ». Pendant plusieurs années, j’ai eu de la difficulté à faire cohabiter le fait d’être à la fois un entrepreneur et un artiste. Après plus de deux décennies à diffuser avec beaucoup de succès les œuvres d’artistes que je représentais, mettre mes créations sous les projecteurs me paraissait improbable. Disons que le sentiment « d’imposteur » m’a longtemps habité.

Une de mes grandes influences artistiques est l’Œuvre du sculpteur québécois d’origine espagnole de renommée mondiale, Kieff Antonio Grediaga, de qui j’ai été l’assistant à l’âge de 16 ans. Une de ses sculptures est d’ailleurs fièrement exposée dans mon bureau aujourd’hui. Le travail de Kieff m’a appris l’importance de l’analyse des formes, de l’espace, des volumes occupés par la matière, mais surtout l’amplitude des vides magnifiques que cette même matière peut générer. Assister Kieff dans sa fonderie de Beloeil, manipuler le bronze en fusion, démouler ses œuvres et passer des dizaines d’heures à les polir aura formé mon imaginaire de futur créateur. Cet apprentissage de la précision et de l’art du travail exécuté à la perfection a marqué mon passage dans son atelier. Quelques années plus tard, en 1996, je lançais Artifex, une entreprise spécialisée dans la vente d’œuvres d’art. Le tout premier projet que j’ai réalisé à titre de commissaire a été le financement d’une sculpture monumentale créée par Kieff, que j’ai fièrement offerte à la ville qui m’a vue grandir : St-Bruno-de-Montarville. Cette œuvre de 16 pieds de hauteur et qui pèse plus de deux tonnes de bronze massif est titrée TOTEM ’87 avec triangle et spirale, elle est exposée devant l’hôtel de ville depuis plus de 20 ans.

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L’œuvre TOTEM ’85 avec triangle et spirale, créée par le sculpteur Kieff Antonio Grediaga, que j’ai eu le plaisir d’inaugurer le 27 octobre 1996.

Mon père est ingénieur de formation, c’est un gars pas mal curieux et bricoleur. Dans son atelier à la maison, il y a toujours un paquet de trucs démontés. Tout jeune, ces objets en réparation me fascinaient. C’est drôle à dire, mais de voir comment les choses sont construites, ça m’a ouvert l’esprit et ça m’a permis de voir des possibilités là où il ne semble pas y en avoir. Suivant les traces de mon paternel, mon passage à l’École Polytechnique de Montréal au début des années ’90, m’a donné certains outils techniques et méthodologiques, que j’applique quotidiennement au sein de l’entreprise que je dirige aujourd’hui : Protocole – trophées d’exception.

La conception des médailles « goutte d’eau » des 11e championnats du monde FINA-Montréal 2005 m’a ouvert les yeux sur mon talent caché. Ma toute première création à vie a été qualifiée par certains journalistes sportifs de « la plus belle médaille de l’histoire du sport ». Cette médaille est aujourd’hui exposée au musée de l’olympisme en Suisse. Disons que ça lance bien une carrière!

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Une rencontre très inspirante avec Alexandre Despatie en 2005, lors de 11e Championnats du Monde FINA. J’étais très heureux de voir notre champion remporter deux médailles d’or, mes médailles!
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Jean-Philippe Caron, président et chef de la création
Protocole – trophées d’exception

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